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Dans le cadre de l'Art de Mai,
exposition "En noir, en blanc et en couleurs"
présentation de 75 gravures
les 11, 12, 13, 17, 18, 19, 20,
25, 26 et 27 mai 2007
de 16h à 20h au nouvel atelier de Luc Gerbier à
Montjustin
Tel : 04 92 76 42 57 et 06 70 11 58 33
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Une radieuse gravité nous accueille à l'abord de ce peintre.
Si les motifs bretons inspirent ses huiles, ses aquarelles, ses eaux-fortes,
c'est que se trouve en lui, comme dans ses contrées émotives
et puissantes, une charpente élaborée, avec des perspectives
en découverte et toute la magnificence du prisme lumineux. Sa palette
présente une gamme savoureuse, mais il revient à des lumières
parfois livides de révéler les flancs d'une mer étagée,
la voussure d'une vague, le panache ou la crinière des écumes
nimbées.
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La mer celtique de Gerbier se cabre ou explose comme se tordraient
des vertiges si l'artiste ne demeurait rigoureusement peintre, voyant certes,
mais non devin. Ses verts écaille-d'huître, ses blancs émaillés
satisfont la gourmandise.
Nous sommes en peinture pleine; la toile est couverte avec une assiduité
non besogneuse, gagnant matière et ferme en couleurs soutenues, sans
cernes ni tracés. |
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| Ces sables humides ont des luminsescences internes, souterraines. La beauté
des espaces, des distances prolongées, des volumes aériens,
des masses marines, est rendue avec une grâce pudique. Ce peintre
qui inscrit le liquide sans le figer possède l'intelligence de ces
mobiles architectures, de leurs édifications mélodiques harmonieusement
ruinées. Il y a une fougue, une violence fuguée de Luc Gerbier,
d'ailleurs apaisée du "planement muet de l'or intérieur"
dont a parlé le poète Milosz. |
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Cette animation jamais agitée, qui passe jusque dans
ses gravures au liénaments plus inquisitoriaux, procède d'une
pratique savante. A l'huile, GERBIER lutte contre les empâtements
non voulus; il recourt rarement à la brosse ou au couteau, leur préférant
le pinceau. |
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Son métier mène du rugueux vers le transparent.
La circulation du ciel à l'océan se traduit dans une atmosphère
en visible osmose. Mais ses visions tout intériorisées le
gardent de recourir aux chevalets de plein vent plantés par Barbizon.
GERBIER sait ces pays en tous temps et leurs humeurs; il les indique dans
leur constitutionet leur physiologie. Il fait que ces frères inhumains
lui demeurent assez dociles pour se hausser par eux.
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Une jubilante maîtrise donne l'élan à ce travail.
La dimension de l'artiste, sa voie trouvée, s'affirment en profondeur.
L'ouvrage enlevé sur le motif produisit ses éclats, ses
surprises. A l'atelier se conçoit une autre chimie, aux échos
plus secrets, plus retentissants. Ainsi, le lyrisme de Gerbier ne s'abandonne
guère aux improvisations. Nous avons regagné en lui une
peinture aux pigments médités; l'eau-forte en ses morsures,
ses incisions tamisées, ses halos, l'aquarelle dans ses touchers
fluides, ses suspens allusifs et sa respiration légère. |
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Par ces moyens, quelque chose ou quelqu'un semble là,
pressant et inappréhensible. Tel est le mystère de la peinture,
en pleine lumière: ce qui se traque, s'enveloppe, se possède
ici, sans viol ni dévoilement, c'est l'être, la fantastique
et coutumière évidence de la vie.
La réussite de Gerbier sera de nous avoir rapproché cette
présence quasi spirituelle dont le rayonnement sur les eaux, l'apparition,
toujours différée, pourtant nous réchauffe, illumine
et nourrit. |
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Jean MOGIN, Montjustin, Septembre 1984
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